De quel bois se chauffent les facteurs de violes ?
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De
nombreux bois sont utilisés en lutheries du violon et de la viole.
L’épicéa pour la table apparaît très tôt
au XVIème siècle et même sans doute avant. Le reste du
corps pouvant être en fruitier, noyer, peuplier, tilleul… érable.
Peu à peu ce dernier s’impose dans toute l’Europe surtout
en ce qui concerne la famille du violon. À partir du XVIIIème
siècle le violon est essentiellement fait d’érable et
d’épicéa. D’autres essences comme le tilleul ou
le peuplier restent également en usage jusqu’à nos jours.
Les facteurs de violes restent plus éclectiques et de nombreux instruments
du XVIIème et du XVIIIème sont fabriqués dans diverses
essences indigènes et même exotiques, voir l’exemple de
Michel Collichon qui utilisa l’acajou d’Amérique centrale
pour plusieurs de ses violes y compris la table ! Cette « mode »
est liée sans doute à un approvisionnement nouveau du au commerce
florissant à cette époque entre les deux continents. Le meuble
massif en acajou se développe dans les provinces, la marqueterie restant
l’apanage des grandes fortunes. L’acajou était tellement
abondant qu’il servait de caisses sur les bateaux marchands, caisses
récupérées pour d’autres usages au débarquement.
Peut-être pour faire des violes, pourquoi pas ?
La sonorité de ces déférents bois, aux qualités
mécaniques équivalentes, varie. Il s’agit là de
nuances plutôt que de changements radicaux et la description d’une
sonorité ne peut-être que subjective. Le noyer plus rond, l’acajou
plus doux, le tilleul plus moelleux ? L’érable plus direct ?
Chacun a ses qualités et il est très plaisant en tant que facteur
de les essayer, de les « goûter », de les comparer…